Train express pour l’enfer

TRAIN EXPRESS POUR L’ENFER (aka Night Train to Terror)
États-Unis | 1985 | John Carr, Philip Marshak, Tom McGowan, Jay Schlossberg-Cohen et Gregg C. Tallas

Bande-annonce (montage exclusif par Izabel Grondin)

« Dance with me, dance with me! » Drôle d’entrée en matière direz-vous. Mais croyez-moi, ces paroles tirées de la seule chanson du film risquent de vous hanter bien plus longtemps que mon invité.

D’abord quoi exprimer sur UN TRAIN EXPRESS POUR L’ENFER? Ce qui me vient spontanément en tête c’est que le producteur Jay Schlossberg-Cohen est un véritable pro de la récupération. Je pense que je n’ai jamais entendu parler d’un tel procédé, parce qu’il faut bien l’admettre, il devait être complètement désespéré ou défoncé pour concevoir pareille arnaque. D’ailleurs je pose la question : a-t’on le droit de faire ça? Imaginez, trois longs-métrages réalisés à des années différentes, dont deux d’entre eux on pu bénéficier d’une distribution (le troisième n’ayant jamais été terminé) et qui sont réunis en un seul film! Le tout entrecoupé par une histoire bidon en parallèle, histoire d’unifier tout ça. Évidemment c’est un massacre. Mais un adorable massacre.

Concept : À bord d’un train dont le déraillement est prévu pour l’aube, un groupe de musique (hilarant) performe la seule et unique chanson du film. Chanson qui vous restera en mémoire pendant des jours à venir considérant qu’on vous la remet quatre fois. En bonus on nous flanque un échange simplet et convenu entre Dieu et Satan, alors qu’ils visionnent les destins de trois nobodies. N’empêche, on met beaucoup d’emphase sur ces additifs, supposés donner une colonne vertébrale à ce roadkill des années 80. Je dévoile le punch, ça ne fonctionne pas.

D’abord la plus mauvaise idée : faire trois courts-métrages avec chacun des trois films. Remontés en version 20 minutes, le résultat pourrait être aléatoire mais devient incontestable; trois spectaculaires foirades, trois WTH, trois incohérentes mais attachantes crétineries.

Histoire 1 – version court-métrage d’un long jamais terminé (source: IDM), SCREAM YOUR HEAD OFF (John Carr, 1982)

Même après quatre visionnements je n’ai jamais compris. Je ne peux que résumer des images; un accident d’auto, un type (John Philip Law, l’ange aveugle dans Barbarella) attaché dans un asile ou hôpital, don’t ask, des expériences médicales, un couple qui cherche son chemin, prélèvements de membres humains, le bordel total! C’est tellement décousu, on comprend que dalle. C’était vraiment une très mauvaise idée le rabougrissement. Mais du coup, c’est ce qui rend ce segment si touchant! Mention à Richard Moll et sa bouille incroyable, il nous décroche un sourire dès sa toute première apparition. Mention honorable aussi à celui qui le double en français. Très fort.

Histoire 2 – version court-métrage de CARNIVAL OF FOOLS (aka Death Wish Club, 1983, John Carr)

Ma préférée. Et celle qui aura miraculeusement le moins souffert de la manutention.

Cette 2e histoire nous amène dans le cercle de la mort. Une clique très restreinte où chacun des membres aurait vécu une expérience extrasensorielle reliée à la mort. Des réunions s’organisent périodiquement et à chaque fois, les adeptes font une expérimentation extrême pouvant les précipiter dans le néant à tout moment. Mouche magique, électrocution, boule géante, on ne peut pas dire qu’ils manquent d’imagination. Et comme dans une télé-réalité, les concurrents se font éliminer un par un. Pas grand chose à dire d’autre, c’est à la fois rigolo et ringard à souhait. Je vous laisse juger.

Histoire 3 – version court-métrage de CATACLYSM (aka The Nightmare Never Ends, 1980, Tom McGowan, Philip Marshak et Greg C. Tellas)

Ils étaient trois pour la réalisation… Mais le 3e segment de cette bouse américaine s’en tire pourtant plutôt bien. Un détective (Cameron Mitchell, sympathique) enquêtant sur la mort d’un prisonnier dans un camp de concentration nazi fait la rencontre d’un type dont toutes les femmes raffolent. Petit hic, le type en question apparaît dans des journaux datant de la deuxième guerre mondiale et son apparence n’a pas changé d’un iota.

Je dois dire qu’en héritant de TRAIN EXPRESS POUR L’ENFER, merci Miguel Doucet, j’ai également hérité involontairement du 3e opus. Et oui, il y avait aussi la VHS de NIGHTMARE NEVER ENDS dans le lot. Pour avoir vu le film au complet j’en viens à la réflexion que dans ce cas exceptionnel, la version abrégée est presque meilleure.

Plus consistante, mieux foutue et bien mieux interprétée que les deux autres histoires. J’ai aimé ces références effleurées au vampirisme, l’atmosphère générale, le personnage de Robert Bristol. Pas facile de trouver du visuel ou du biographique sur le monsieur. Enfin, son personnage est résolument charismatique et à mon avis le plus sexe de tout le film.

En fait, NIGHTMARE NEVERS ENDS se distingue tellement qu’on ne comprend pas trop ce qu’il vient faire dans ce foutoir. Tenter de sauver la face peut-être… Mais on s’en fout, le film se déguste comme du bonbon et fait à peine sentir ses 98 minutes.

Un excellent nanar à se farcir seul ou entre amis avec en prime une chanson provocant une extrême dépendance! Vous êtes prévenus.

Je lui accorde une côte nanarophile de 7/10! 8/10, si on considère la double-performance de Moll.

2 thoughts on “Train express pour l’enfer

  1. Merci Martin, c’est extrêmement gentil.

    Et sache que la chronique se poursuivra, elle sera juste hébérgée ailleurs.

    Il y aura un petit délai dû à la relocalisation mais je te confirme qu’elle continuera.

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