Nanar de l’au-delà: Terreur! Le château des femmes maudites

TERREUR! LE CHÂTEAU DES FEMMES MAUDITES (Terror! Il castello delle donne maledette)

Italie | 1974 | Dick Randall

Bande-annonce

Ce n’est que l’hiver dernier, lors d’un échange VHS entre amis, que je me suis retrouvé avec ça entre les mains. Avec un titre pareil, je ne pouvais bien sûr pas passer à côté. Oublié au caveau depuis des décennies, Something Weird Video l’aura ressuscité sur DVD sans grand fracas. Je ne prétend pas avoir la science infuse mais je n’avais jamais entendu parler de ce film avant. Mea culpa. Malgré tout, je ne sais pas pourquoi mais j’ai mis des mois à me décider à l’écouter. Comme si inconsciemment je me teasais cinématographiquement. Mais comme je souhaitais une trouvaille pour mon prochain article, le moment était parfait pour cette récréation de 90 minutes.

En faisant des recherches pour vous dégotter quelques curiosités, je me surprends à découvrir un réalisateur au parcours plutôt atypique, Dick Randall. Un type qui a surtout donné dans le X et qui a aussi produit des gialli et une multitude de films d’arts martiaux. C’est d’ailleurs en surfant sur la vague Bruce Lee que Randall atteint une certaine renommé. En effet il a produit de nombreux rip-off, pratiquement tous faits en collabo avec la Thaïlande ou Hong Kong. Des productions ultra cheap mais qui lui ont permis de faire son chemin et produire ce qui lui tente. Imaginez faire ça aujourd’hui…

L’histoire du film maintenant. Jetez l’originalité au fond d’un puits et dites-lui adieu, car nous sommes ici dans une xème variante sur le thème de Frankenstein. Et la pire probablement, vous êtes prévenus. Le film s’ouvre sur une bataille entre des villageois et un homme préhistorique. Jump cut ! Petite parenthèse, je ne sais pas si c’est ma copie ou si c’est ainsi dans la version originale, mais des jump cut, y en a une méchante trâlée dans l’film! Peu importe, pouf! On est rendu dans un château où notre homo, pas du tout erectus, couché sans connaissance ou mort (pas clair) est transféré sur un lit.

Pendant ce temps, des marauds dont un nain appelé Genz, (Michael Dunn, infect) déterrent un cercueil. Petite perle, il est hilarant de voir un des fossoyeurs pelleter, mais toujours s’interrompre pour repousser sa cape deux size trop grande et qui se rabat constamment… Enfin, ils ouvrent la tombe où gît une femme fraîchement décédée. Le nain a les mains longues, phrase qui n’a aucun sens, mais le principe c’est qu’il est un peu maniaque sexuel sur les bords. Le cercueil est à peine ouvert que déjà il s’empresse de découvrir un sein à la dépouille. Le temps n’est pas à la nécrophilie, aussi ils se poussent avec le cercueil et le ramènent au château.

Cette profanation met la population ainsi que la police aux aguets. Une enquête débute.

Meanwhile, une carriole est en route pour le château des Frankenstein. On y voit Maria, fille du comte Frankenstein, accompagnée d’Éric son fiancé et de sa meilleure amie Krista. Ils s’en vont passer quelques jours là-bas. Twist fortuite, lors de cette visite le comte et Krista tomberont rapidement amoureux l’un de l’autre. Alors voilà en gros c’est ça. Le séjour au château, les expérimentations du comte sur l’homme préhistorique baptisé Goliath, l’enquête sur les disparitions, tout ça est assemblé en parallèle sans aucun souci de composition ni de vue d’ensemble. Donc on devient rapidement mêlés. Ben mêlés.

La mise en scène est absente, il n’y a que de la mécanique, on sent chaque cue, chaque 3-2-1, tout est d’une maladresse déconcertante. Un mot en particulier sur le look de Goliath. Y a pas quelqu’un dans le crew qui a pensé à dire : « Heille, ç’a pas d’bon sens, on est pas pour laisser ça d’même! » Une excroissance sur la tête qui n’a pas la même couleur et comme si ce n’était pas assez, ils ont poussé l’humiliation jusqu’à le coiffer de grosses touffes genre laine d’acier. Y a l’air d’un gars qui s’est échappé d’un asile, on en voit plein des d’mêmes au Square Berri.

Poursuivons. Pendant l’enquête on trouve des traces et à cause de leurs petitesses, le nain devient rapidement suspect. Comme le comte anyway le pifait plus, il le fout dehors pour éviter d’être associé. Abandonné, Genz croisera un autre homme préhistorique, Ook, interprété par un acteur à la bouille incroyable, Salvatore Baccaro. Ces deux laissés-pour-compte finiront par faire équipe.

On retourne au comte qui fait l’étal de ses opérations devant sa dulcinée, tout fier de lui montrer Goliath. Fidèle à moi-même, je vous cite un extrait de dialogue du film, entre le comte et Krista :

Comte : Entrez. Ce que je voudrais, c’est vous faire comprendre pourquoi j’ai fait cela.

Krista : Oui, mais si l’influx sanguin cesse vers le cerveau, que va t-il se passer ? Les tissus risquent de subir des dommages et d’entraîner un processus sans doute irréversible ?

Comte : Oui, c’est exact. Ce qui n’empêche que la trépanation de la cervelle est en soi très justifiable. J’ai consigné toute l’opération ici. C’est mon journal, tout y est.

Krista : Je le lirai. Mais, je ne suis pas sûre que nous ayons le droit de jouer avec les créatures de Dieu.

Comte : Sur ce point, Krista, je crois que si. La science est destinée à améliorer le sort de l’homme.

Un régal !

On revient à Genz et Ook qui ont séquestré une jeune femme. Genz explique alors à l’autre qu’il y a des choses plus intéressantes que d’en faire un steak… Cette deuxième disparition sème la panique chez les villageois qui veulent se faire justice eux-mêmes, convaincus de l’implication du comte Frankenstein.

Le même sort attend Krista alors qu’elle se hasarde à retourner au bain volcanique (rentabilisons le set), elle se fait enlever par Ook et ramenée dans la caverne. Pendant ce temps, le nain retourne au château, réussit à s’introduire en cachette et libère Goliath. Deux serviteurs tentent de l’en empêcher mais le géant a tôt fait de les terrasser. La bataille est d’ailleurs géniale, on n’aurait jamais pensé que quelqu’un aurait le guts de faire ça. Show must go on, le majordome arrive sur les lieux et fait la macabre découverte des deux autres, assistant impuissant à l’évasion de Goliath. Il accoure aussitôt vers le comte, alors accompagné de sa fille et d’Éric. Furieux, le comte leur demande de rester au château, mais Éric est plus viril qu’il n’en a l’air et ne pourra résister à l’appel du combattant. Le comte n’ira pas bien loin, il croise la route de Genz et Goliath. Adios comte. Éric le retrouve mort peu de temps après.

On revient à Genz qui amène Goliath dans sa caverne, Krista s’y trouve toujours. Il a la mauvaise idée de le présenter à Ook. La chimie ne passe pas pantoute entre les deux et une bataille éclate. Goliath sort vainqueur et Genz décide alors de détacher Krista. Celle-ci s’enfuit avec le géant pour le ramener au château mais sur la route, les villageois bien décidés à mettre un terme à toutes ces disparitions s’en prennent à lui. Krista tente de le protéger mais en vain. Ils finiront par le faire pogner en feu. Bref moment jouissif, alors que le pauvre Goliath est coincé dans le feu, on voit Genz réfugié dans les bras de Krista, sauf qu’à cause de sa petitesse, sa face arrive direct dans les seins de l’actrice…

Je laisse le mot de la fin au préfet Ewing et un 2e rôle moustachu :

Préfet : Cette fois c’est fini.

Moustachu : Il n’est pas possible que des humains se conduisent de cette façon.

Préfet : Ils croient aux monstres, au surnaturel. Ce qui est différent d’eux les effraie, les inquiète.

***

Une valeur sûre dans un party de Noël. Une cote d’amour de 8/10 !


7 thoughts on “Nanar de l’au-delà: Terreur! Le château des femmes maudites

  1. Vu il y a trop longtemps, ce que j’avait retenu avec un étonnement qui s’est gravé dans ma mémoire c’est ce surnom impossible d’acteur: BORIS LUGOSI !!! on retrouve l’acteur dans tout un tas de pochetés comme certains les aiment !

  2. J’suis sur que ton article est vraiment plus jouissif que le film lui même! J’me suis bien bidonné à imaginer une telle merditude cinématographique!

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