Massacre au camp d’été

MASSACRE AU CAMP D’ÉTÉ (aka Sleepaway Camp)

États-Unis | 1983 | Robert Hiltzik

Bande-annonce (montage exclusif par Izabel Grondin)

Une relation d’amour qui remonte à longtemps dans mon cas. Un film que j’ai vu alors que j’avais à peine quatorze ans et déjà à l’époque je trouvais ça nul à chier, donc imaginez aujourd’hui! Pourtant, si mauvais soit-il, ce film reste très audacieux pour son époque, notamment par les thématiques exploitées (homosexualité, pédophilie et transsexualité, on est quand même en 1983…). Ça prenait les couilles pour le faire mettons.

Quelques mots sur le réalisateur Robert Hiltzik, manifestement condamné aux sequels de cette insignifiance. En effet, il aurait été impliqué dans les SLEEPAWAY CAMP II, III, IV ainsi que THE RETURN OF SLEEPAWAY CAMP (ça revient un camp ça l’air) et je me pince au sang, mais j’ai lu sur IMDb qu’il est actuellement en préproduction d’un remake de cette même shit encore and over again. Pas tuable. Ni le gars ni le concept faut croire.

Ceci dit, malgré sa nullité, MASSACRE AU CAMP D’ÉTÉ a un statut de film culte chez plusieurs aficionados du genre. Sûrement pas pour sa pitoyable mise en scène, encore moins pour son traitement cinématographique des plus banal, mais plutôt pour sa finale, qui encore aujourd’hui nous laisse carrément K.O. Rendons à César ce qui revient à César, la fin elle fesse dans l’dash. Solide. Autant le film a mal vieilli autant la fin n’a pas pris une ride.

Pour ceux qui ne sont pas habitués à cette chronique, je vous avertis que je vends tous les punchs. Pourquoi? Parce que ces films sont introuvables donc who cares? L’histoire ultra convenue s’en tient aux codes du genre, incluant bien sûr les personnages hyper caricaturés : la bitch, le coincé, l’obsédé sexuel, la vierge timide, le sportif, le gros baveux, l’imbécile heureux, le geek, et j’en passe.

Je disais dans une de mes premières chroniques que chaque fois qu’un film obtenait un succès commercial, une trâlée d’aspirants tentaient de suivre les traces. Quand le tout premier Friday the 13th sortit en salle, la mode du film slashers de camp d’été a vu le jour. Et je dois dire qu’en y repensant, MASSACRE AU CAMP D’ÉTÉ est beaucoup plus intéressant à regarder que le premier opus de cette série maintenant légendaire, sorry Jason. De toutes façons le meilleur de la série est le 4e (Tom Savini rules!). Le 2e aussi au fond. Pour ce qui est du reste…

L’histoire maintenant. Deux cousins, Ricky et Angela partent pour le camp X (on ne saura jamais le nom dans la version française, sinon Sleepaway Camp pour les intimes). Rapidement Angela devient une tête de turc à cause de sa timidité et son côté asocial. Faut un peu comprendre les campeurs tout de même, Angela se spécialise dans la fixation du regard : un peu freakant. Malheureusement il semble que tous ceux et celles qui s’en prennent à elle meurent l’un après l’autre. Comme son cousin Ricky prend toujours sa défense, il devient rapidement le suspect numéro 1.

Cependant, nous sommes rapidement largués car le meurtrier n’est nul autre qu’Angela qui est en fait un… garçon. Assez équipé merci, soit-dit en passant.

C’est donc dans l’ambivalence la plus totale que j’essaie de justifier la présence du film dans ma chronique parce qu’il est comme scindé en deux. D’un côté il y a tous les flashbacks fort réussis et dignes des grands gialli de ce monde ainsi que la finale terriblement efficace ; et de l’autre, il a y a tous ces beurk, ces WTF, cet amateurisme autant technique que scénaristique, les figurants qui se demandent quoi faire (ça sert à quelque chose un troisième assistant-réal, tsé), les placements de produit très subtils (un plan de presque une minute où tout ce qu’on voit c’est un gars qui ouvre une porte avec le focus sur un gros logo de Pepsi…). Bien sûr le film est rempli d’invraisemblances et on ne se le cachera pas, ça déborde! Parmi mes préférées : le jeu des figurants. Aucune direction ne leur est donnée, soit ils sont complètement statiques (il faut voir la réaction de deux campeuses qui viennent d’apprendre la mort d’une des leurs… zéro émotion, rien.), soit ils courent comme des poules pas de têtes dans plein de directions opposées et là encore on ne comprend rien. Non mais sérieux ça n’a juste pas de bon sens. Ironie s’il en est, les campeurs qui sont supposés former le même groupe du début à la fin changent constamment, donc on découvre plein de nouvelles bettes qu’on n’a pas vues une seule fois avant : encore une fois on est tout mêlés.

En fait, tous ceux que je connais qui ont vu le film disent la même chose : le film est à chier, mais la fin est géniale. Quoi faire alors? Nanar ou pas nanar? Bon moi j’ai décidé que ça allait être nanar, depuis le temps que j’ai envie d’écrire sur ce film je me dois de prêcher pour ma paroisse.

Un ami, le DG de Fantasia, Marc Lamothe, me disait que le film est sorti sur Anchor Bay et m’assure que la version est intégrale (je ne l’obstine pas car c’est une véritable encyclopédie). Sinon, pour les amateurs de versions françaises comme moi, la VHS serait disponible à la Boîte Vidéo sur St-Denis.

De tous les films de slashers de camp d’été (à part Carnage, qui ne figurera jamais dans cette chronique parce qu’il est trop bon) MASSACRE AU CAMP D’ÉTÉ est un incontournable du genre. Un film dont vous oublierez tout sauf la finale. Pour ça je lui donne une cote de 8/10!

La bande-annonce, fraîchement montée pour vous, est maintenant en ligne sur ma chaîne YouTube, n’hésitez pas à ajouter des commentaires ou des suggestions, c’est toujours extrêmement apprécié.

12 thoughts on “Massacre au camp d’été

  1. Comment vivre sans tous ces fabuleux nanars . Que de bons souvenirs !!! Dans la veine des classiques risibles du grand David DeCoteau …

  2. Bonjour Izabel,

    très bonne chronique! Si ma mémoire est bonne, je l’ai déjà loué en DVD il y a deux ans et je m’attendais à un ragoût de navet, mais la fin m’a sidérée!

  3. Je l’avais vu en début d’adolescence, et ça m’avait laissé un arrière goût. Je l’ai acheté 10$ en DVD chez HMV l’année passée, question de le redécouvrir 20 ans plus tard. Toujours nul, mais ça demeure quand même un incontournable. Les commentaires du réalisateur sont interessants.

  4. C’est vrai que la fin tape en christ. Vraiment perturbant. Et le regard avec la bouche ouverte…

    Et que dire de Carnage (The Burning). Un de mes slashers favoris, mais malheureusement méconnus. Le bout avec les deux canoës… que dire de plus!

  5. La fin est hallucinante et effraie! Faut quand même le faire, tout le long on trouve ça nul, on n’embarque pas et là cette finale qui glace le sang…Les flash-back aussi quant à moi, assez dérangeant pour un film de cette époque.

    Et tout comme toi Éric mon best slasher de camp d’été ever c’est Carnage (avec le 4e tome de Friday the 13th). La scène des canoës est inoubliable, et que dire de la scène du début avec la prostituée. Savais-tu que la version anglaise de la même VHS a presque 18 min de charcutée…what a shame surtout avec des FX aussi efficaces..

    Miss those times…so much.

  6. Crime Izabel, non je ne le savais pas… Dommage, les effets sont fabuleux!

    La scène du début quand il pogne en feu! Ouf! Trop de bons moments dans ce film! Je chéris mon DVD cheap de MGM.

  7. Bonjour, je ne voudrais pas contester notre cher ami, Marc Lamothe. Mais il est quand même important de souligner que le dvd d’Anchor Bay est cut. Imbd donne les détails:

    - The 1986 UK video was cut by 57 secs by the BBFC with edits to repeated shots of Meg’s stabbed corpse. The cuts were restored in the 2004 Anchor Bay DVD.

    The version re-released by Anchor Bay in 2000 is cut in the following places, the old Media Video and Video Treasures releases are the most complete versions:

    In the prank scene when Mozart’s face hits the kid’s naked buttocks, the slap sound effect is missing and then his “You guys are gross” line is out of sync with his lips.

    A shot of the naked guys running down the dock is completely missing replaced by a weird over-dubbed cat howl.

    The water-snake slithering out of Kenny’s mouth is cut drastically to the point where you only see the final few frames of the shot after the snake has emerged.

    After Mel accosts the guys for throwing water balloons at Angela and Ricky and Paul tend to her, a shot of the guy’s reaction to Mel leaving is cut, where one calls him a “wrinkled old dick”.

    After Ricky sticks his finger up at Judy and walks off, a shot of Judy coming back with “Same to you” is gone.

    Many frames of Meg’s corpse on the bathroom floor are cut, and Mel’s reaction is cut up too – “He did it” should be followed by “to get back at me”.

    Ceci etant dit, il existe un dvd uncut de la chose…

    The DVD version released by the Canadian manufacturer, Legacy Entertainment, in 2003 is, to all intents, uncut. Robert Hiltzik’s opening title sequence, dedicating the film to his mother, is the only thing removed from this version.

    Au plaisir !

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