L’enfer des morts-vivants

L’ENFER DES MORTS-VIVANTS (aka Hell of the Living Dead)
Italie-Espagne | 1980 | Bruno Mattei aka Vincent Dawn

Bande-annonce (montage exclusif par Izabel Grondin)

Il était dans ma mire depuis longtemps celui-là. Ce parjure transalpin réputé pour ses nombreux titres et duplications aura néanmoins réussi à obtenir un statut de film culte, en plus de transiter au numérique. Faut le faire! N’en reste pas moins que L’ENFER DES MORTS-VIVANTS est l’un des plus mauvais films de zombis à ce jour et qu’il a été réalisé par l’un des plus illustre plagiaire du 7e art.

Pour moi Bruno Mattei, alias Vincent Dawn (son pseudonyme le plus connu), a toujours été un tricheur. Il n’a jamais hésité à copier ses pairs et recycler plusieurs de leurs idées afin de rehausser ses propres films ou de profiter d’une recette gagnante. Il est un autre de ces touche-à-tout qui n’a pas lésiné sur les moyens pour s’imposer dans la cohue d’oeuvres issues de l’âge d’or du cinéma spaghetti. En plus de l’horreur, il a expérimenté avec le péplum, le western, les films de prison de femmes et la science-fiction, laissant des traces indélébiles un peu partout de son amateurisme criant. La plupart de ses films ont été distribués sous plusieurs titres et pochettes différentes, marketing frauduleux oblige, ce qui fait qu’on pouvait louer le même film deux fois de suite sans s’en rendre compte. Ça m’est arrivé.

La première fois que j’ai loué L’ENFER DES MORTS-VIVANTS, j’étais incroyablement confuse car on voyait clairement sur la pochette une zombie qui provenait du film La revanche des mortes-vivantes. Comment ça a pu se retrouver là sans déclencher des poursuites, fouillez-moi, je n’en ai aucune idée. La trame sonore aussi a été calquée. Composée par les intouchables The Goblins, elle provient je crois de DAWN OF THE DEAD, un film que George Romero a tourné en 1978. Il y aurait apparemment eût litige à ce sujet. Vrai ou pas, sais pas.

Co-écrit avec entre autre Claudio Fragasso, le réalisateur de Troll 2, on ne pouvait pas s’attendre à autre chose qu’un massacre en règle. À une époque où toutes les maladresses cinématographiques étaient acceptables, L’ENFER DES MORTS-VIVANTS raconte l’histoire d’une journaliste, Lia (Mary Evelyn Newton, généreuse comédienne qui s’est foutue à moitié à poil sans aucun motif tangible), et de son caméraman Pierre, (un genre de Michel Blanc sans talent mais avec des cheveux) qui se rendent en Nouvelle-Guinée où semble-t-il des morts reviennent à la vie! Parallèlement à cette prémisse, l’escouade Aigle Noir doit déjouer un attentat terroriste à l’ambassade des États-Unis. C’est qui eux autres et que viennent-ils faire dans tout ça? Sais pas. Mais ce qu’on sait c’est qu’illico après l’attentat ils sont catapultés en Nouvelle-Guinée. Et évidemment, ils croiseront sur leur route Lia et Pierre.

En vérité tout ça est bien dur à suivre. On ne comprend absolument pas pourquoi l’escouade se retrouve en Nouvelle-Guinée. Ça arrive de même bing bang! C’est simple, le récit ne tient pas debout. Comme par exemple la scène d’ouverture, où dans une centrale nucléaire on voit deux techniciens fagotés de façon ridicule en train de vérifier le taux de radioactivité du laboratoire. À un certain moment leur détecteur s’excite, les faisant examiner s’il n’y a pas une fuite. L’un deux trouve alors un rat mort. Ben mort. Hébétés de voir un rat à cet endroit, ils se demandent comment il a pu se retrouver là. Au même moment, le rat ressuscite et attaque sauvagement le technicien. Pensez-y deux secondes, le rat est tellement hot qu’il fake sa propre mort pour ensuite trucider le gars. Oui, vous pouvez applaudir! Des conneries semblables, il y en a tout le long du film, pour le plus grand bonheur du nanarophile en vous.

Un résumé des meilleures bourdes, en rafales.

1. Lia, Pierre et l’escouade doivent s’infiltrer dans une tribu de papous. En peu de temps ils se découragent, alors Lia propose une solution. La seule possible, comme elle suggère. Et ça consiste en quoi? À se foutre à poil et se faire des maquillages tribaux. Boobs moment du film mais franchement, on reste sidérés. On hésite entre éclater de rire ou se caller du chinois.

2. Lia et Pierre sont dans une jeep avec un couple et leur enfant. Ce dernier est mourant et a un besoin urgent de soins. Faute d’aide médicale, Lia et Pierre s’offrent pour aller chercher de l’eau. Plutôt que de se ruer à s’en procurer, ils vont faire une balade tout en faisant des blagues et prenant des photos… En plus lorsqu’ils en trouvent, l’eau est brune et dégueulasse, mais ils remplissent quand même leur gourde. Le mot “potable” ça vous dit quelque chose?

3. Hilarant aussi de constater que plus le film avance plus les zombis s’occidentalisent. Oui oui, vous avez bien lu! Vers la fin du film 90% des zombis sont blancs…

4. Mattei a été jusqu’à copier un masque vu dans un stock shot de rituel tribal pour essayer de le raccorder avec la scène où Lia se présente à la tribu. C’est tellement à chier, vous n’avez pas idée.

5. Un des membres de l’escouade tombe sur une garde-robe remplie de vêtements de scène. Le dude ne trouve pas mieux que d’enfiler un tutu et un chapeau pour interpréter Singin’ in the Rain.

6. Je m’en voudrais de passer sous silence la performance grand guignolesque de Franco Garafalo (un des joueurs clé de l’escouade). Il en fait des tonnes, mais demeure le personnage le plus attachant de cette brochette digne d’un buffet du Jardin Tiki.

7. Faute de moyens le film est truffé de stock shots. Animaux sauvages, pratiques tribales, inutile de préciser que l’étalonnage n’ayant pas été ajusté, ces plans jurent solidement. Pénurie d’options ou simple paresse, presque toutes les scènes du film sont entrecoupées par ces empruntés. Et Mattei n’hésite pas à surenchérir. Pour vous donner une idée, il y a une moment où tout le monde se retrouve à une célébration indigène. Et bien croyez-le ou non, toute la scène est montée en parallèle avec les acteurs en gros plans et des plans d’une tribu aucun rapport qu’on ne reverra jamais. Le résultat est hyper bâclé, merdeux à souhait, comme pour toutes les séquences où la recette est utilisée.

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Sans doute le moins pire film de la filmographie de Mattei, mais parmi les pires films de zombis de l’histoire du cinéma. Si vous êtes collectionneur un tant soit peu, vous vous devez d’avoir ce film. Car en dépit de sa nullité il reste un divertissement apprécié. Je lui accorde une cote nanarophile de 8.5/10. À voir avec qui vous voulez, mais pas à jeun. Pas nécessaire mais ça aide.

11 thoughts on “L’enfer des morts-vivants

  1. Ma parole, je croit que je ne l’ai jamais vu, probablement parce que je croyait que c’était La revanche des mortes vivantes. L’équipe de doubleurs est la même qui s’occupait des comédies polissonnes avec Alvaro Vitali ! Oui c’est la musique de Dawn of the Dead, mais parfois c’était le doubleur français qui plaquait la musique qu’il voulait, voir les pièces de Pink Floyd sur des films de Kung Fu. J’ai regardé récemmnet quelques uns des derniers films de Mattei, décidémentr il ne s’était pas vraiment amélioré, mais on rigole toujours…

  2. Mario, maintenant que tu parles de l’équipe des doubleurs ça me frappe. En effet je reconnais des voix de films avec Vitali ! Merci de cette précision je l’ignorais totalement.

    Oui, on rigole toujours, L’enfer des morts-vivants est à ce titre un très bon divertissement. Et j’ai eu un plaisir fou à faire la bande-annonce.

  3. … et j’ai eu un plaisir fou à la regarder . Excellent montage , l’intensité de la scène avec le rat , un moment magique tout comme la seule solution ( poitrine gratuite et bien à propos ) fallait y penser . J’ai déjà hâte à ta prochaine trouvaille .

  4. Merci à toi Martin P!

    J’espère que tu aimeras la prochaine, elle est déjà en chantier.

    ps- si tu as aimé la bande-annonce je ne saurais que trop te conseiller de voir le film en version intégrale française, un moment du pur bonheur !

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