Le vampire a soif

LE VAMPIRE A SOIF (aka  The Blood Beast Terror)

Royaume-Uni | 1968 | Vernon Sewell

Bande-annonce (montage exclusif par Izabel Grondin)

Après Vampire Cannibale, un film sans vampire ni cannibale, mais avec un loup-garou, voici LE VAMPIRE A SOIF, un film sans vampire mais avec un papillon de nuit! Vous êtes gâtés là non? Hasard extraordinaire s’il en est, je me suis farcie ces deux films un à la suite de l’autre sans savoir que j’allais tomber amoureuse à chaque fois. Je l’avoue d’emblée, LE VAMPIRE A SOIF me fait croire au destin. C’était vraiment une question de temps avant qu’on se rentre dedans. Combien de fois nos regards se sont croisés, combien de fois sommes-nous passés si proches l’un de l’autre (surtout quand j’ai vu le dessin à l’arrière de la pochette)? Mais je lui préférais un autre à chaque fois, me disant qu’à un moment donné je le louerais. Ce que je n’aurai finalement jamais fait.

Puis vint le crash du VHS, le DVD débarque, tassez-vous! Les clubs vidéo et autres Colisée du livre se sont soudainement retrouvés avec des tonnes de VHS à liquider. C’était la belle époque de La Foire du Vidéo (dans l’ancien Palais du Commerce, sur le site de l’actuelle Grande Bibliothèque) que je fréquentais assidûment et qui était géré par un certain Donald Caron, un illustrateur au talent fou à qui on doit de nombreuses affiches pour Spasm et Fantasia, rien de moins. Un gars que j’allais retrouver des années plus tard via le Festival Spasm. Le monde est p’tit comme on dit. Encore une fois dans ce club, LE VAMPIRE A SOIF et moi on se fait de l’œil. Mais j’en achète un autre, confiante qu’il sera encore là lors d’une prochaine visite. Et je me suis dit ça à chaque fois. Puis il en a eu marre et s’est barré. Je ne l’ai jamais revu. Certaines histoires finissent mal…

Tout ce préambule pour dire qu’au moins une quinzaine d’années plus tard, lors d’une soirée échange VHS, ce prétendant refait surface. Là, plus possible de reculer, et j’étais prête à me battre coûte que coûte.

Le combat fut très rapide, personne ne le voulait, donc c’est moi qui suis partie avec. Petite parenthèse et quitte à être dans le name dropping, les fameuses soirées échanges VHS (comme ça fait deux fois que j’y réfère) ont eu lieu chez Jarrett Mann! Soirées d’ailleurs où la quantité de cassettes sur la table n’a d’égale que celle des bouteilles vides accumulées le lendemain. Des soirées franchement magiques qui ne font que des heureux. Des loteries de geeks finis, nostalgiques, un peu masos aussi…

Mais revenons à notre super film. Des rumeurs veulent que de toute son impressionnante filmographie, cette fiente serait le seul film que Peter Cushing (acteur culte du panthéon «hammerien») aurait renié. Considérant la quantité de bis à son actif, ouch!

Dans la dernière chronique je disais qu’une fois n’est pas coutume, mais permettez-moi de le réitérer en citant à nouveau l’endos de la pochette. Probablement un médaillé d’argent dans la catégorie «synopsis les plus craignos». Ça se lit comme suit: «Un psycho-démon machiavélique qui a le pouvoir diabolique de se changer en un vampire géant à la tête mortelle, et qui fêtoie dans le sang de ses amants avant de les tuer de ses griffes acérées.» Lisez-ça à voix haute trois fois d’suite rapidement et essayez d’avoir l’air intelligent, tout un défi.

Pour faire un abrégé de l’histoire, un inspecteur (Cushing, une chance qu’il est là) est chargé d’élucider une série de meurtres bizarres où les victimes sont vidées de leurs sang. L’enquête le mène au professeur Mallinger et sa fille et on allume assez vite: c’est cette dernière qui commet les meurtres. Au début tout tend à croire qu’elle serait un vampire mais elle est en fait un papillon de nuit. Elle finira par être démasquée et à la toute fin elle se retourne contre son géniteur et l’achève. Je viens de vous résumer les 75 min. Tout comme pour le nanar précédent, ça s’éternise pas et franchement, on l’apprécie.

Indépendamment du fait que c’est tourné tout croche et que les répliques sont shootées à la vitesse de l’éclair, plusieurs petits moments viennent chatouiller agréablement. Comme ces plans qui n’en finissent plus de finir et qui ne montrent strictement rien d’intéressant en plus de n’apporter aucun élément au récit. Je pense à l’employé de la morgue sur qui des centaines de pieds de peloche ont été gaspillés pour le voir caler sa pinte et bouffer un sandwich alors qu’on s’en tape un max. Ou pire, ce plan sortant de nulle part (et un de mes préférés) où Cushing inspecte une cave et s’arrête pour retirer son manteau. Il prend tout son temps pour l’enlever puis bien le dépoussiérer et ensuite… le remet. Et pour faire quoi? Je vous jure que c’est vrai, pour se mettre à genoux dans la poussière! Expliquez-moi-la celle-là, ça relève de l’énigme d’un vénérable du sommet. Ou alors plusieurs distractions sur lesquelles nous n’aurons aucun suivi, ce qui n’est pas sans me rappeler l’illogisme singulier de La revanche des mortes-vivantes. Les brefs moments avec l’aigle sont un bon exemple, c’est tellement pas clair. Tout ce qu’on voit c’est un dude persécuter un aigle tout en l’insultant. Qu’est-ce qu’on cherche à nous dire ici, qu’il y aurait un genre de relation sm entre un homme et un volatile? Que le gars est méchant et il fallait montrer ça pour nous en convaincre? C’est super poche, on comprend rien et on se demande vraiment pourquoi on prend la peine de nous montrer ça. Jubilatoire donc. D’autres ingrédients magiques viennent aussi assaisonner ce maïs en crème:

  1. Dans la version française, c’est la même la voix qui double Peter Cushing et l’officier de police. Ça ne s’entend pas nécessairement à la première écoute mais une fois qu’on l’a remarqué ça frappe fort.
  2. L’aigle qu’on entend hurler alors que son bec est fermé.
  3. Les lampes au gaz qui crachent plus qu’un mini-brut.
  4. Le professeur qui fait des expérimentations dignes d’un travail de biologie de secondaire deux. Imaginez, il est supposé travailler sur un prototype de papillon géant et on le voit tester du courant électrique dans une petite grenouille (Dieu ait son âme) (!) Penses-y deux bordel de secondes. J’étais en train de souper quand je l’ai écouté la première fois et lors de cette scène j’ai étouffé de rire. J’ai d’ailleurs mis cet extrait dans la bande-annonce, un must see.

Du Grand et Beau Nanar! Définitivement une cote d’amour de 9 sur 10 !

6 thoughts on “Le vampire a soif

  1. You’re so god damn hot! J’adore tes chroniques et j’ai hâte de voir la prochaine bande-annonce que tu nous mijote! Don’t give up girl!

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