Nanar de l’au-delà : Le continent des hommes poissons

LE CONTINENT DES HOMMES POISSONS
Italie | 1979 | Réalisateur:  Sergio Martino

Il y a quelques temps je vous parlais de la période seafood du cinéma d’horreur. Et bien on y replonge le temps de vous présenter un de ses caviars, LE CONTINENT DES HOMMES POISSONS.

On peut dire que je m’ouvre progressivement à vous chers lecteurs en vous partageant ces petites tranches de vie, ces moments qui m’ont amené à louer ceci plutôt que cela. Tranche de vie donc, l’affiche du film a marqué ma sexualité. En 1983, sans web, sans câble et dans une famille où il n’y avait aucun matériel érotique ( je le sais, j’ai cherché), cette affiche devenait carrément une image porno. Une femme presque nue dans un lac avec quatre créatures mi-homme mi-poisson qui avancent vers elle. Disons que la photo incite à penser qu’il y aura du sexe et non du sang. Un genre de gang bang maritime hyper avant-gardiste. Mais restons dans le sujet.

The grande question maintenant: de quessé ? Réalisé en 1979 par Sergio Martino et co-produit (entre autre) par Roger Corman, LE CONTINENT DES HOMMES POISSONS a connu son heure de gloire dans la première moitié des années 80. Flirtant avec L’Île du Docteur Moreau et écrit à 8 mains, le récit nous barouette un peu partout, rendant le tout difficile à résumer. Avec LA MONTAGNE DU DIEU CANNIBALE et ALLIGATOR, le film fait partie d’une trilogie que Martino qualifierait lui-même de sa trilogie orographique. Détail intéressant, j’ai lu que Corman serait à l’origine d’une version américanisée du montage et qui a été rebaptisée SCREAMERS. Des extraits gores ont été ajoutés, espérant donner un coup d’fouet à l’œuvre largement handicapée par des effets spéciaux éculés. Un certain James Cameron y serait d’ailleurs crédité comme technicien …

Allons-y d’un petit get through. Un bateau échoue sur une île déserte. Les passagers, un lieutenant (qui est aussi docteur) et des prisonniers mal engueulés tentent de survivre. On s’attarde particulièrement sur le lieutenant, Claude (Cassinelli, un régulier de Martino), et José, son familier. On perd la plupart des autres prisonniers assez rapidement. Ne reste plus que Claude, José et Peter, un autre détenu. Ils aboutissent à un cimetière où ils font la connaissance de l’intrigante Amanda (Bach, belle) qui leur apprend que l’île appartient à Edmond Rackham (Johnson, pervers buvable). Affamés, ils demandent de l’aide mais elle leur conseille plutôt de quitter l’île et poursuit son chemin. Ils décident de continuer et finissent par trouver le repaire du proprio, aussi habité par des serviteurs indigènes et une prêtresse vaudou, Shakira.

Rackham invite le lieutenant à souper, je vous épargne les détails, puis on passe à une cérémonie vaudou, assez moche somme toute mais qui contient une des perles du film. On voit Shakira tenant une poule fraîchement décapitée et le plus sérieusement du monde, en pseudo-transe hyper mal jouée elle lance : « Je vois la mort. » Je m’étais étouffé la première fois, j’me disais : « J’espère que tu la vois, elle te pisse sur les pieds… ». Passons.

On coupe ensuite à Amanda qui s’avance vers la mer, attirant des créatures qui semblent la vénérer et la protéger. Elle leur donne un espèce de lait (on apprend plus tard que c’est une drogue pour les contrôler). Est-ce qu’ils le boivent ou s’en aspergent ? Disons que la qualité de ma copie VHS ajoutée aux cadrages cropés m’empêchent de répondre à cette épineuse question. Sur le retour, elle se fait pratiquement violer par Peter qui l’aura suivi, encore là ma copie VHS ne me permet pas de confirmer, on ne voit rien. Mais il ne se rendra pas très loin, une créature s’en chargera.

Peu de temps après ce sera au tour de José de se sauver. Ne reste que le lieutenant, volontairement épargné par son statut de docteur. C’est que lui seul peut maintenir en vie le professeur Marvin, père d’Amanda, qui tente depuis des années de mettre une expérience à terme.

Rackham offre ensuite à Claude une visite guidée en sous-marin et lui fait découvrir ni plus ni moins que les ruines de l’Atlantide, une île qui aurait été engloutie environ 9000 ans avant J-C (selon Platon) ! Il lui explique que les expériences de Marvin lui permettraient d’acquérir les richesses de ces ruines, inaccessibles jusque-là.

Fast forward, trop de stock. Claude tente ensuite de se sauver avec Amanda et c’est là qu’ils découvrent le laboratoire du professeur. Claude trouve également José, qui ressemble maintenant à un Fu Manchu version sardine. Amanda réalise alors les horribles expérimentations de son père. Claude achève les souffrance de son familier mais Marvin arrive sur l’entre-fait. Furieux de voir que sa créature vient de se faire détruire (tout de même faut comprendre) il a à peine le temps de le manifester que Rakham débarque avec sa tribu et le tire à bout portant. On se débarasse de Claude en le jetant dans une fosse qui se remplit progressivement d’eau tandis qu’Amanda se fait enlever et menacer de mort par Shakira. Rackham intervient et insiste pour qu’elle la relâche mais Shakira lui fait une scène de jalousie. En bon gentleman, Rackham l’abat sur le champ. Il ordonne ensuite qu’on aille récupérer le cadavre de beau papi et l’expédie dans le sous-marin (ça doit sentir bon), histoire de le montrer à ses propres créatures. Don’t ask.

J’ai oublié de mentionner que dès le début on nous dit qu’un volcan va faire irruption et détruire l’île toute entière. Je ne ressentais pas le besoin de vous en parler, il y a tellement d’affaires dans ce film-là qu’un moment donné on en laisse aller.

Non insensible au sort de leur créateur, les monstres sortent de l’eau. Rackham leur ordonne d’aller chercher le trésor dans les ruines sinon il s’en prendra à Amanda. Et là commence la révolte des hommes-poissons. Je dois sauter les détails car la fin déboule et ça n’arrête pas. Bon, en gros Shakira n’est pas encore morte, elle va retourner au labo où elle sauve Claude in extremis. Notons qu’elle re-mourre tout de suite après. Claude réussit à rattraper Amanda toujours captive de Rackham puis, on a droit à un montage de malade. Ça frôle le dolloraclip, les stocks shots de volcan n’aidant pas la cause, puis revirement inattendu, les hommes-poissons viennent à la rescousse. Adios Rackham et en prime ils aident le nouveau couple à se frayer un chemin sous l’eau vers une sortie. Claude et Amanda se réveillent sur une planche (whatever) au beau milieu de l’océan et forcément, après à peine deux minutes de calvaire ils croisent un bateau. Ça finit bien.

Ça finit trop bien d’ailleurs, c’est supposé être un film d’horreur bordel, donnez-nous une chance d’embarquer dans votre crap!

D’ailleurs parlant de crap, voulez-vous bien me dire qui est le brain derrière le concept des hommes-poissons? Parce que ni vu ni connu, le seul intérêt à voir ce film c’est les putains d’hommes-poissons justement! Alors le one piece cheap, les griffes en carton et les gros yeux en boules de styrofoam s’il-vous-plaît soyons sérieux. Et que dire du bruitage? Des gros respires à la Darth Vader alors qu’ils sont supposés vivre sous l’eau et dès qu’ils ouvrent la gueule on jurerait entendre Godzilla. C’est dommage parce que le reste de la production est relativement correcte et aurait pu être de niveau série B, mais les principaux protagonistes, en l’occurrence nos hommes-poiscailles, la renvoient malheureusement tout de go au Z.

Contre vents et marées, une bouillabaisse qui a définitivement marqué son temps, je lui donne une grosse cote d’amour de 8 sur 10.

***

Bande-annonce (en italien)

Extrait avec les hommes-poissons  (toujours en italien)

17 thoughts on “Nanar de l’au-delà : Le continent des hommes poissons

  1. Toujours jamais vu au complet, les vhs de l’époque étant toutes bien trop sombres et délavées et pan & scan, J’arrêtais toujours au bout de 15-20 minutes. Tu me donne le goût de me résessayer ! J’adore le verbe “re-mourrir”, AH ah !

  2. J’adore l’affiche!! si je l’avais vu sur les tablettes, je l’aurais tout de suite loué. Un autre divertissement assuré, merci Izabel! je vais faire mes recherches…c’est toujours bon des fruits de mer ; )

  3. C’est vrai Mario que la vhs est sombre mais je t’encourages à surmonter le pan & scan et ne pas te priver du plaisir de de le taper pcq sincèrement, c’est franchement très sympathique !

    @ Jacinthe – Tu ne le regretteras pas, c’est de la bonne pêche. Je ne saurais que trop te conseiller de mettre la main sur la version française. Toujours un gros plus ;-) Et dans le genre, c’est une de affiches les plus mémorables de son époque.

  4. Je cherche cette maudite affiche depuis toujours!
    Meme pas capable de trouver une version haute résolution sur le web.

    La premiere fois que jai vus le film c’est dans le temps ou Télé Métropole (TVA) avait une nuit d’horreur à toute les années. Jétais très jeune mais mes parents me laissait passer la nuit debout!

    Mya Communication a récemment sortie le film en DVD, NTSC R0 je crois. Jai également le DVD d’Allemagne sortie par Marketing Film il y a plusieurs années. PAL Region 2 et très mauvais transfer.

    Le film n’a pas été co-produit par Roger Corman. Sa compagnie New World Pictures a tout simplement acheter les droits Nord Américain. Il ont filmé de nouvelles séquences avec Mel Ferrer et Cameroun Mitchell, renommé le film SCREAMERS et lui ont donner le tagline: “They’re men turned inside out! And worse… They’re still alive!”.

  5. Merci cher Gorezone pour ces précisions. Dans mes recherche toutefois on attribuait bel et bien une co-production à Corman.

    Mais je m’obstinerai pas avec toi là-dessus je sais que tu n’es pas tuable ;-)

    Je savais pour Ferrer et Mitchell, je n’ai pas vu cette version mais j’ai peine à imaginer comment tout ça a pu s’imbriquer.

    Trouver l’affiche, surtout celle en français, relève de l’Everest.

  6. La raison du pq que le nom de Corman est souvent attribué au film est qu’il avait acheter les droits du film pour les States. Cest triste mais sont nom est beaucoup plus reconnaissable que celui de Sergio Martino. Cest du marketing.

    SCREAMERS va bientot sortir en DVD NTSC R1 ici!

    @+

  7. Bravo ma chère Izabel, très intéressant et surtout très captivant. Mais on peut se consoler en pensant que ce film a permis à plusieurs de gagner leur vie, du moins je l’espère.

    Bravo et j’aime te lire ma belle Izabel. xxx

  8. Le film a été un bon succes pour Martino et Corman. Quoique pas représentatif des ces autres films, tout fan de film de genre ce doit de visiter les grands classique de Sergio Martino!

    Et j’arrive toujours pas a comprendre comment ca Barbara Bach était marié à Ringo Star!

  9. Un bon succès oui, je me souviens encore de l’époque où presque toutes les salles de cinéma le diffusait. Je voulais y aller mais je n’avais pas encore l’âge légal…

    Nostalgie…

    Ceci dit je préfère “La Montagne du Dieu Cannibale”, ultra personnel comme choix j’en conviens.

    Pour les critères des unions, règle générale les contraires s’attirent.

  10. Je ne suis pas un fan du sous-genre cannibalistique. Pourquoi?! Trop de violence gratuite envers des animaux et plus que souvent des films très médiocres!

    Reste que MOUNTAIN OF THE CANNIBAL GOD (La Montagne du Dieu Cannibale) a Ursula Andress! Wow! Toute une femme à l’époque! Il y a aussi Stacy Keach et Claudio Cassinelli!

    Dans le genre, mon préféré est CANNIBAL FEROX.

    Mes classiques de Martino:

    TORSO
    THE CASE OF THE SCORPION TALES
    THE STRANGE VICE OR MRS.WARD
    ALL THE COLORS OF THE DARK
    YOUR VICE IS A LOCK DOOR AND ONLY I HAVE THE KEY
    2019 AFTER THE FALL OF NEW YORK
    et autres…

    Je viens d’acheter
    ARIZONA
    NAKED AND VIOLENT
    et il y en a 3 qui viennent tout juste de sortir!

    Viva Martino!

  11. Pas une grosse fan non plus. Tout comme toi mon préféré est Cannibal Ferox mais je le met “ex æquo” avec Jungle Holocaust, un des meilleurs de Deodato selon moi. Les gens parlent beaucoup de Cannibal Holocaust mais peu connaissent JH qui a été tourné juste avant. Enfin un film de jungle où le monde sont pas habillé. Les caches-sexe et bikini en peau de bête comme on en voit dans tous les films de ce genre confirment le puritanisme général.

    Ceci dit j’ai toujours aimé « La Montagne du Dieu Cannibale », kitsch à souhait, pochette racoleuse et oui bien sûr, Ursula (et Cassinelli) , qui s’en tire très bien dans les circonstances.

    Pas du tout une fan de Martino proprement dit, mais admiratrice de sa contribution ça oui. Un joueur important, nul ne peut le contester.

    The case of the Scorpion Tales est un film que je veux voir depuis longtemps. Qui sait p-ê viendra t-il davantage me chercher que le reste de sa filmo?

  12. Vraiment pas beaucoup. Pas autant que toi du moins. Mais pour m’être gavé d’ouvrages de références en la matière je sais que sa filmo en impose. Je n’ai vu que :

    2019: After the Fall of New York
    Alligator
    Blade of a ripper
    Le continent des hommes-poissons
    La montagne du dieu cannibale
    Sex with a smile
    Torso (mais ça fait trop longtemps, je ne m’en souviens plus)

  13. Ok cool!
    SEX WITH A SMILE je connais pas…. comme tout ces films il a surement un autre titre!

    J’adore TORSO! Tout un giallo/slasher et le cast le plus impressionant de jolie demoiselles de l’histoire du cinéma!

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